Alors que je lutte pour ouvrir les yeux ce matin et que ses caresses ne suffisent pas à me lever, j'entends la pluie rouler sur les carreaux. Dans un demi-sommeil je pense à ces dernières semaines et à celles à venir...Je me souviens de Jules qui appelle Tata Geneviève "Mamie" comme je le faisais à son âge quand on passait quelques jours là-bas, chouchoutés, à regarder Tonton Jacques manger des chocolats en cachette. Je me souviens de ses volets bleus fermés pour la dernière fois et je me demande ce qu'il restera de ces souvenirs dans la tête de Jules. Je pense à cette tristesse que je traîne depuis que c'est arrivé moi qui pensais que ce serait vite oublié. Je rêve de faire les cartons, de laisser là tout ce qui m'encombre y compris cette petite boule à l'estomac quand il part de la maison... Ne plus penser qu'à la maison bientôt prête à nous accueillir, au spectacle de djembé de Jules ce soir,  aux éclaircies qui arrivent par surprise, à tous ces moments partagés avec eux, à la façon qu'il a d'être si présent pour moi, si proche de lui et à ses regards qui me ferainet presque oublier que ce n'est pas le sien.

Ce matin, nous arrivons juste à temps à l'école. J'attrape sa main et nous courons jusqu'à la porte. Jules serre son cheval Pile Poil contre lui. "Tu sais Maman je l'aime trop Pile Poil, je veux le garder toute ma vie et même dans le ciel". Un coucou par la fenêtre et la vie reprend son cours...